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Catégorie : Manuscrits et archives

Une diaspora antillaise à Paris au début du 20e siècle : le tragique destin de Rodrigue Sylvestre

La Bibliothèque historique conserve un petit ensemble de correspondance relative à une famille originaire de Martinique, la famille Sylvestre. Nul ne sait comment cet ensemble s’est frayé un chemin jusque sur nos rayonnages : il ne porte pas de numéro d’entrée, ne figure pas sur les registres de constitution de collections… Le mystère qui entoure l’arrivée de ces documents à la BHVP est d’autant plus regrettable qu’ils sont très intéressants : ils nous fournissent de nombreux renseignements sur les liens qui unissaient colonie et métropole au début du 20e siècle, ainsi que sur la manière dont les Antillais vivaient le fait colonial, qu’ils soient restés au pays ou qu’ils aient grossi les rangs de la diaspora créole installée à Paris.

Trois exemples de littérature ouvrière manuscrite à la BHVP

La classe ouvrière est longtemps restée la classe des sans-voix, contrainte au mutisme littéraire par les difficultés souvent insurmontables qu’elle rencontrait dans l’accès à l’instruction, à la maîtrise de l’écrit, à l’adoubement par le monde de l’édition. Pourtant, dès avant l’émergence, dans les années 1930, de la littérature prolétarienne des ouvriers ont osé prendre la plume, que ce soit pour parler d’eux-mêmes, faire connaître leur ressenti, ou donner de la visibilité à leur condition – voire tout simplement pour exprimer le regard poétique singulier qu’ils portaient sur le monde. La Bibliothèque historique (BHVP) détient au moins trois exemples de cette littérature ouvrière du 19e siècle, entièrement ou partiellement inédite, qui constitue tout un univers à découvrir.

Mortelles collections à la Bibliothèque historique

On croise souvent la mort sur les rayonnages de la Bibliothèque historique.
La vocation de la BHVP étant de réunir le maximum de documentation autour du quotidien des Parisiens, et la mort faisant partie intégrante de ce quotidien, il était logique que la BHVP acquière de nombreux documents sur la présence de la mort au fil des siècles dans la capitale. Notre rapport à la mort est aujourd’hui beaucoup plus distant ; mais par le passé, dans des conditions d’hygiène qui n’étaient pas les nôtres et avant les progrès de la médecine, la mort occupait une place bien plus prégnante dans l’existence quotidienne.

Anatole France : un auteur si célèbre… une œuvre méconnue

Quai Anatole France… Avenue Anatole France… Collège Anatole France… Le nom d’Anatole France est partout présent dans l’espace public. François Anatole Thibault (1844-1924), dit Anatole France, fut membre de l’Académie française et obtint le prix Nobel. De son vivant, il fut adulé, tenu pour l’un des plus grands écrivains des lettres françaises. Comment expliquer que la postérité lui ait ensuite fait subir une si durable éclipse ? Une question complexe a laquelle a tenté de répondre la Bibliothèque historique lors d’une exposition en 2024.

La blanche chapelle et les sept chapelains

En 1349, les frères Jacques et Jean de Pacy fondent une chapelle au sein de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais de Paris. Leurs héritiers y associent six autres chapelles avant la fin du 14e siècle. Les 7 chapellenies de Pacy ont laissé un ensemble d’archives permettant de retracer, sur cinq siècles, l’histoire sociale, architecturale, foncière et religieuse de ce quartier de Paris.

La collection Alphonse Ochs : une mémoire de l’Affaire Dreyfus

La Bibliothèque historique achève cette année le traitement de la collection Ochs consacrée à l’affaire Dreyfus. Donnée en 1908 par Alphonse Ochs (1851-1932), diamantaire parisien de confession juive et dreyfusard, cette collection rassemble, à partir de l’année 1898, année de la médiatisation de l’Affaire avec la parution du fameux « J’accuse » de Zola dans L’Aurore, des exemples de tout ce qui paraissait dans le monde entier sur Dreyfus.

Raymond Radiguet (1903-1923) : mourir à vingt ans et laisser une œuvre

Il y a cent ans, le 12 décembre 1923, le poète et écrivain Raymond Radiguet mourait à l’âge de 20 ans, d’une fièvre typhoïde trop tardivement diagnostiquée. L’exposition “Raymond Radiguet (1903-1923) : mourir à vingt ans et laisser une œuvre”, présentée de décembre 2023 à mars 2024 à la Bibliothèque historique, lui a rendu hommage.

Tractations secrètes et diplomatie féminine à l’orée du 16e siècle

En mai 1907, la Bibliothèque historique achète une cinquantaine de lots issus de la collection Victor Bouvrain, un collectionneur ayant accumulé tout au long de sa vie un nombre considérable de pièces rares, voire uniques, sur l’histoire de France. Au sein de ce dossier figure, sous la cote 4-MS-4783, un document inédit qui donne un aperçu singulier de la diplomatie secrète en Europe au début du 16e siècle … et a donné du fil à retordre à nos bibliothécaires !